Tous les comparatifs n8n vs Make qu'on lit en ligne sont écrits soit par des affiliés Make, soit par des partisans n8n. Le résultat : on tourne en rond entre « Make est plus simple » et « n8n est plus puissant ». Au bout de l'article, on n'a toujours pas tranché.
Cet article tranche. Pas en théorie — en partant des 60+ déploiements automatisation que nous avons faits chez Structo dans des PME françaises sur les 18 derniers mois. Et en 2026, avec l'arrivée massive des LLM intégrés et la pression RGPD montante, le débat a changé.
En 2026, le choix Make vs n8n n'est plus technique. Il est juridique et économique.
80% des PME chez qui on déploie aujourd'hui partent sur n8n self-hosted. Pas par snobisme tech — par exigence RGPD et par anticipation du coût qui explose dès qu'on intègre des workflows IA.
Make reste excellent pour découvrir l'automatisation. Mais pour scaler, le calcul devient implacable.
Les deux philosophies en une phrase
Make est un SaaS hébergé en Tchéquie (groupe Celonis) qui fait passer vos données par ses serveurs. Vous payez à l'opération. Interface visuelle très accessible.
n8n est un outil open-source que vous pouvez héberger vous-même sur un serveur que vous contrôlez. Vous payez pour l'infrastructure (un VPS), pas par opération. Interface plus technique mais beaucoup plus puissante.
Ce n'est pas une opposition simple/complexe. C'est une opposition de modèle économique et de modèle de conformité.
Le vrai sujet de 2026 : la conformité RGPD
Voilà le point qui change tout en 2026 et que personne ne dit franchement.
Quand vous utilisez Make pour traiter des données clients, ces données passent par les serveurs Make. Make est basé dans l'Union Européenne (Tchéquie), donc juridiquement le transfert est légal. Mais selon votre activité, le simple transit de données nominatives chez un sous-traitant doit être documenté dans votre registre RGPD, et vos clients doivent en être informés via votre politique de confidentialité.
Pour une activité B2B classique avec peu de données sensibles, c'est gérable. Mais dès que vous touchez à :
- Des données de santé (cabinets médicaux, vétérinaires, paramédicaux)
- Des données financières détaillées (cabinets comptables, courtiers, banque)
- Des données juridiques (cabinets d'avocats, notaires)
- Des données RH (cabinets de recrutement, paie)
...le sous-traitement Make devient un point d'audit RGPD à chaque mise à jour de votre Politique de Sécurité.
n8n self-hosted résout ça nativement : vos données ne sortent jamais de votre serveur. Vous êtes le seul responsable du traitement, sans sous-traitant à documenter, sans transfert hors de votre infrastructure.
Les coûts réels : ce que cachent les pages tarifaires
Make affiche un tarif attractif au démarrage : 9 €/mois pour 10 000 opérations. Ça paraît énorme. Le piège est ailleurs.
Une opération Make = un module exécuté. Un workflow simple à 8 modules qui tourne 100 fois par jour consomme 800 opérations par jour, soit 24 000 par mois. Vous voilà déjà sur le plan à 16 €/mois.
Dès que vous ajoutez de l'IA — un module OpenAI, un parsing JSON, des conditions multiples — un seul workflow consomme 50-100 opérations par exécution. À 1 000 exécutions par mois, vous êtes à 50 000-100 000 opérations. Plan à 29 €/mois minimum.
Ajoutez 4-5 workflows actifs avec de l'IA — typiquement un agent IA RAG connecté à vos documents ou une automatisation de facturation avec génération IA des emails — et vous êtes à 290 €/mois (plan Pro) ou 729 €/mois (plan Team).
Côté n8n self-hosted, le calcul est radicalement différent. Un VPS Hetzner CX22 (2 CPU, 4 Go RAM) coûte 4,52 €/mois HT et fait tourner 20 à 30 workflows actifs sans broncher. Pour 10 €/mois, vous avez de quoi faire tourner 100+ workflows. Le coût est fixe quel que soit le volume.
| Profil PME | Coût Make / mois | Coût n8n self-hosted / mois | |---|---|---| | 1-2 workflows simples | 16 € | 5 € | | 5-8 workflows avec IA | 99-290 € | 8 € | | 15+ workflows actifs | 290-729 € | 12 € | | Avec historique > 6 mois | inclus | dépend du serveur |
Sur 24 mois, la différence devient de l'ordre de 7 000 à 17 000 € pour une PME qui automatise sérieusement.
Quand Make reste le bon choix
On n'est pas dogmatiques. Make a des contextes où il bat n8n :
- Vous démarrez et voulez tester l'automatisation sans investir dans une infrastructure. Make permet de prouver la valeur en 2-3 semaines avec zéro setup serveur.
- Vous êtes un dirigeant qui veut piloter lui-même ses workflows sans dev ni technicien. L'interface Make est vraiment plus simple pour quelqu'un qui n'a jamais touché à du JSON.
- Vous avez peu de workflows (1-3 max) et pas d'IA dedans. Le calcul économique reste favorable à Make.
- Vos workflows sont peu critiques : si Make a un incident pendant 2h, ce n'est pas grave pour votre activité.
Quand n8n self-hosted devient incontournable
À l'inverse, dès que vous tombez dans un de ces cas :
- Données sensibles à traiter (santé, juridique, finance, RH)
- Plus de 5 workflows actifs avec un peu d'IA dedans
- Volumes qui montent (>10 000 exécutions/mois)
- Contraintes de conformité (ISO 27001, SOC 2, hébergement souverain)
- Workflows critiques (facturation, opérations clients)
- Intégrations IA poussées (RAG, vectorisation, Claude/GPT en production)
...n8n self-hosted devient le choix structurellement gagnant à 12 mois.
Ce qu'on déploie typiquement en 2026
Voici ce qu'on installe le plus souvent chez les PME charentaises et de Nouvelle-Aquitaine en 2026 :
- Stack : n8n self-hosted sur VPS Hetzner Allemagne (5-12 €/mois), nginx + certbot pour HTTPS, sauvegardes auto sur S3 OVH
- IA : connecteurs Claude (Anthropic) + GPT-5 (OpenAI), avec fallback automatique
- Stockage : PostgreSQL local pour l'historique, Supabase si besoin de partage de données entre apps
- Monitoring : alertes Slack ou Teams en cas d'échec workflow
- Backups : snapshot quotidien, rétention 30 jours
Setup complet : 2 jours d'installation + 3-5 jours de migration des premiers workflows. Coût total mise en place : 3 000 à 6 000 € selon le périmètre. Coût récurrent : 12-25 €/mois tout compris.
Le verdict
En 2026, pour une PME française qui automatise sérieusement, n8n self-hosted bat Make sur 4 axes : RGPD, coût à l'échelle, performance avec workflows IA, prévisibilité des coûts.
Make reste pertinent dans deux cas : démarrage exploratoire, ou très petits volumes sans IA. Et c'est très bien — beaucoup de PME ne dépasseront jamais ces seuils, donc pour elles le débat n'a pas d'enjeu.
Pour les autres — et c'est la majorité dès qu'on commence à automatiser sérieusement — la question n'est plus « lequel choisir » mais « combien de temps Make va-t-il rester rentable avant qu'on passe sur n8n ».
Si vous voulez qu'on regarde ensemble votre cas — workflows actuels, volumes, données traitées, ROI potentiel d'une migration — on propose un diagnostic gratuit de 30 minutes. On vous donne notre verdict honnête, même si la conclusion est « restez sur Make encore 6 mois, c'est trop tôt ». Pour un cadrage plus large incluant l'IA, voir notre audit IA PME.
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